Tribune : de New-York à Fréjus, la jeunesse s’indigne contre l’extrême-droite

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« Tribune : De New-York à Fréjus, la jeunesse s’indigne contre l’extrême-droite »

New-York et Fréjus, deux villes que tout oppose, sinon la victoire de deux types de populisme aux dernières élections. Donald Trump ou Marine Le Pen, il s’agit pourtant du même combat pour nous, jeune militant et jeune militante de gauche, âgés de 22 ans. Pour la France, seul un réveil brutal nous permettra d’éviter le triomphe des extrémistes.

Depuis notre naissance, nous avons dû faire nôtre un monde que nous n’avons pas façonné. Notre Histoire nous est contée dans un livre que nous n’avons pas contribué à écrire ; nos droits et nos lois ont été acquis et revendiqués par d’autres. La réciprocité impose en échange qu’une fois entrés dans l’âge adulte, nous, les jeunes, jetions à notre tour un regard critique sur la société, et remettions en question d’autres idées auxquelles nos aînés s’étaient habitués, avec une fougue et une énergie qui caractérise ceux qui ne sont pas habitués aux défaites, ceux qui savent s’indigner et revendiquer une pensée différente. De ce que vous nous avez laissé, certains acquis nous sont intangibles. Ainsi, nous n’avons toujours compté qu’en euros. Nous voyageons et étudions partout en Europe sans comprendre que les frontières étaient autrefois impénétrables. Nous ne laissons personne juger ou décider de nos affinités sexuelles. Un homme vaut une femme, et nous ne choisissons pas nos amitiés en fonction de la nationalité, de la couleur de peau ou des croyances religieuses. Des valeurs, nous en avons : respect, ouverture, tolérance, égalité réelle et solidarité. Pourtant, celles-ci sont aujourd’hui en danger : Partout en Europe et dans le monde, les partis extrêmes progressent, dans les idées et dans les urnes. Ils prônent l’exclusion, le repli, la haine et la différence.

A New-York, le soleil s’est couché sur une ville qui commençait la soirée électorale pleine de certitudes, galvanisée par ce sentiment d’entre-soi qui règne au sein de la communauté New-yorkaise – laquelle a voté à presque 80% pour la candidate démocrate. Il apparaîtra plus tard que nous étions physiquement et psychologiquement déconnectés de ceux qui vivent à la périphérie de la ville, de l’Etat, et de l’autre Amérique. Cette Amérique si lointaine qui vote pour Donald Trump, un président élu accusé de racisme, de sexisme, de misogynie. Pourtant, nous avons respecté le pacte démocratique. Nous avons voté. Nous étions géographiquement majoritaires. Nous connaissions le poids des inégalités, et nous savions que notre candidate n’était pas parfaite, mais de là à provoquer l’impensable ? Que ce sentiment d’impuissance nous serve de leçon.
A Fréjus, nous ne connaissons que trop bien l’extrême-droite. Nous la vivons au quotidien. Le Front national de Marine Le Pen a fait de notre ville son laboratoire, testant chaque jour ses idées nauséabondes qu’il rêve de mettre en place une fois à la tête de notre pays : Mauvaise gestion, mise à mal du tissu social, casse du milieu associatif et sportif, stigmatisation d’une partie de la population, attaques en règle contre la presse, remise en cause de l’autorité judiciaire. De par les combats primordiaux que nous menons – contre la haine, la violence, le rejet, la stigmatisation – nous incarnons tout ce que l’extrême-droite déteste. Chacune des expériences perfusées dans notre ville démontre la dangerosité de ce parti et de la nébuleuse de l’extrême-droite.

Nous, jeunes, militants, engagés, féministes, de gauche, ne pouvons pas laisser faire et agir ces partis haineux. Nous dirigeons au contraire toute notre énergie pour faire de ce monde un espace solidaire, connecté, lié, mouvant, égalitaire. On peine aujourd’hui à imaginer en France que les idées de la droite extrême puissent triompher lors d’une élection présidentielle, de même que le Brexit ou le trumpisme semblent aller contre le sens de l’Histoire. En matière d’élections, il n’y a plus de règles. La classe politique est responsable, elle a fauté par sa suffisance. Elle a connaissance du niveau des inégalités, de la réprobation générale quant à ce que la politique est devenue ; mais en même temps elle n’en a pas réellement conscience. Certains élus ne travaillent dur que pour leur réélection, et lisent dans la courbe des sondages leur prochain programme électoral. Les citoyens doivent quant à eux mieux diriger leur colère : s’ils pensent que voter ne suffit plus, alors qu’ils fassent davantage, et qu’ils s’impliquent dans la vie politique au lieu de l’abandonner.

La représentation politique doit mieux remplir sa vocation, et donner plus de vocation aux jeunes, aux femmes. Les partis politiques aussi, par l’union des citoyens autour d’un projet commun plutôt que par la lutte interne pour désigner le chef. L’heure est à l’union autour de l’essentiel des valeurs partagées par la gauche républicaine, et dont l’essence est à l’opposé de cette qui alimente le discours extrémiste. Alors mobilisons-nous et réinventons notre parti. La victoire ne s’obtiendra pas par une politique du moins pire ni du rejet, mais par la proposition.

Romain Laugier, Militant PS à New-York, étudiant.

Insaf Rezagui, Secrétaire de section PS Fréjus, Conseil fédéral & Bureau fédéral PS Var, Union régionale PACA PS, étudiante. »

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